Brad Mehldau

Brad Mehldau • © Michael Wilson

Piano / États-Unis

Brad ! Il est de ceux que le prénom seul suffit à identifier. Ils ne sont pas si nombreux dans la saga d’un siècle de jazz. Miles... Herbie... quelques chanteuses... Probablement parce qu’on sent immédiatement la façon singulière qu'il a de nous dévoiler une part d’intime et qu'il en est instantanément reconnaissable. Dès ses premières apparitions à Paris à l'aube des années 90, Brad Mehldau fut un musicien culte. Tout ce que Paris comptait d'amateurs éclairés se pressait à chacune de ses apparitions dans le minuscule club de la Villa. Une sorte de rituel s’accomplissait là chaque soir afin d'assister à cette manière unique d'exhumer des standards que l’on croyait exsangues, de les animer d'un lyrisme et d'une fraîcheur sans précédents. Un quart de siècle plus tard, on peut considérer qu'il a tout simplement imposé un nouvel art du trio, lentement serpenté dans le périlleux exercice du solo jusqu'à l'hommage au maître J.-S. Bach, régulièrement tenté des expériences inouïes pour ne pas se laisser anesthésier et rester en alerte artistiquement. Deux trios en vingt-cinq ans... dont seul le batteur a changé depuis 1996, Jeff Ballard prenant la place de Jorge Rossy, la contrebasse de Larry Grenadier continuant à s’épanouir sur ce qui est désormais un terrain de jeu triangulaire. Tempos parallèles, inversions des rôles, phrases que l’on échange les yeux fermés, silences et suspensions partagés… Il ne faut pas hésiter à multiplier les angles d’écoute quand on a la chance d'assister à un de leurs concerts. Se laisser happer par le piano, passer de la main droite à la main gauche, les sentir virevolter avec élégance, puis rebondir sur la contrebasse et la batterie, flâner ensuite au milieu de leurs circonvolutions... Ils savent redessiner tous les soirs un nouveau scénario que chacun d'entre nous aura le loisir de mettre en scène. L’essence de la musique est leur jardin.

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